Invité du Vestiaire sur SFR Sport hier, Frédéric Thiriez est revenu sur l’épisode de la finale de la Coupe de la Ligue en 2015 entre Bastia et le PSG, où il avait refusé de descendre serrer la main des joueurs pour une supposée crainte d’incidents.

Thiriez © Maxppp

« J’ai fait une erreur. Les gens qui me conseillaient à la Ligue m’ont dit unanimement : "Ne descends pas sur le terrain, car cela va provoquer des incidents qu’on verra à la télévision et même dans les tribunes. Il y a un tel degré d’énervement contre la Ligue et son président que si tu descends (sur le terrain), tu vas provoquer toi-même des incidents". J’ai réfléchi et j’ai décidé de suivre l’avis de mes collaborateurs. Je pense que j’ai eu tort, pourtant ce n’est pas mon tempérament, on m’accuse plutôt d’être quelqu’un qui va au front. J’ai fait une erreur et j’en suis désolé, je me rends compte qu’on m’en a beaucoup voulu pour ça.

Mais il faut dire une chose dans l’autre sens. La violence dans le club de Bastia, qui est récente, puisque j’ai connu le grand Bastia dans les années 1995-2000, où il n’y avait aucun problème de violence dans et autour du stade. La violence est inacceptable à Bastia et ce que me reprochent les Bastiais, c’est d’avoir fait preuve de beaucoup de rigueur dans les sanctions contre les comportements violents et déviants, il ne faut pas l’oublier. Il faut savoir aussi que j’ai été l’objet de menaces de mort permanentes, au point qu’à un moment donné j’ai dû être protégé par la police en permanence. Des menaces de mort venant de certains extrémistes bastiais. Donc tous les torts ne sont pas de mon côté. Il y a à Bastia une poignée d’individus qui ne rêve que d’une seule chose : en découdre avec tout ce qui est notamment parisien, et la Ligue siégeant à Paris, est assimilée aux Parisiens. C’est très dommage parce que Bastia est un grand club, j’étais même présent au centenaire du club et j’ai eu beaucoup de plaisir à l’époque. Mais ce club a vécu une dérive, que je regrette. »

Suite à cette attitude de Frédéric Thiriez, les joueurs et le staff du Sporting avaient refusé de lui serrer la main lors de la remise des médailles.

Il s'était également illustré en 2012, en ne venant pas remettre le trophée de champion de Ligue 2 à Furiani...

 

L’ancien président de la LFP a également évoqué la demande de ne plus jouer de matchs le 5 mai.

« On a déjà fait beaucoup de choses pour protéger le 5 Mai. Je pense que c’est inutile d’en faire davantage, on en a déjà fait beaucoup. Ce sont des décisions qui ont été prises par la Fédération et les pouvoirs politiques, pas par la Ligue. On peut aussi commémorer cette tragédie dans les stades de foot, c’est ça l’esprit de la décision de la Fédération. Quand une tragédie survient, pourquoi s’enfermer chez soi, portes et fenêtre fermées. On peut aussi aller commémorer ce souvenir ensemble dans le stade, faire une minute de silence… déposer des gerbes… tous ensemble. Je ne pense pas que le souvenir d’une catastrophe oblige à se terrer et à s’enfermer chez soi. »

 

Emmanuel Petit, présent sur le plateau, a lui donné un avis différent de celui de F. Thiriez. Pour l’ancien international français, aucun match ne devrait se jouer le 5 mai en mémoire des victimes du drame de Furiani.

« Je suis pour qu’il n’y ait plus de matchs le 5 mai. Et sincèrement, ça ne causerait pas énormément de problèmes en fin de saison au niveau du calendrier. Si une tragédie comme celle-là était arrivée dans un stade en métropole, est-ce que ça ne serait pas différent ? Cette catastrophe a laissé des traces indélébiles dans le foot français et dans la société. Quand une catastrophe similaire arrive dans d’autres pays, ça devient presque un hommage national. En Angleterre, il y a interdiction de jouer à certaines dates bien précises dans le calendrier parce qu’on commémore la mémoire des gens qui sont morts à cause de la bêtise humaine. »

 

Extrait vidéo du passage :

Vous pourriez aimer...

Fil Info