Nous avons interrogé Julien Benhaim, jeune milieu de terrain (20 ans) qui s’apprête à débuter la saison en National 3 avec le Sporting, où il évolue depuis quinze ans. Il revient notamment sur les derniers mois compliqués au club et évoque la saison qui se profile à grands pas.

benhaim

 

Spiritu-Turchinu : Bonjour Julien, pour ceux qui ne te connaissent pas encore est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?

Julien Benhaim : Julien Benhaim, 20 ans, cela va faire maintenant 15 ans que je suis au club et j’avais signé mon premier contrat professionnel il y a maintenant deux ans.

 

ST : A ce sujet on a pu voir dans la presse que les contrats pro ou aspirant vont être invalidés puisque nous repassons amateur, quelle est donc ta situation à l’heure actuelle ?

JB : Les contrats pro n’ont pas été invalidés, il faut attendre le dépôt de bilan et la lettre du liquidateur pour résilier le contrat et signer un contrat fédéral.

 

ST : Du coup, tu as quand même repris l’entraînement avec l’effectif ce matin (lundi 21 août, ndlr) ?

JB : Bien sûr, ce matin !

 

ST : Tes premières impressions sur tes coéquipiers et sur ton nouvel entraîneur Stéphane Rossi ?

JB : Les coéquipiers, je les connaissais déjà pratiquement tous de près ou de loin, certains sont des jeunes que je ne connais pas trop, mais dans l’ensemble on s’était croisé, puisque ça fait quinze ans que je suis au club donc j’ai souvent été amené à jouer avec les jeunes ou la réserve. Mes impressions sont très bonnes, le coach j’avais eu l’occasion de discuter avec lui pour faire un point avant la reprise des entraînements. Impressions donc positives, c’est pour cela que je suis ici !

 

ST : Sais-tu si Stéphane Rossi a fait un point individuel avec tous les joueurs avant cette reprise ?

JB : Je ne suis pas au courant de tout, mais je sais qu’il a discuté avec un coéquipier que je connais très bien, Néo Mesbah. On est de la même génération et on s’est souvent côtoyé depuis tout petit. Je pense qu’il a du faire pareil avec l’ensemble des joueurs pour savoir qui était OK pour la reprise, quelque chose d’assez général en fait.

 

ST : Dernièrement tu as été prêté au club andorran de l’UE Engordany, peux-tu nous raconter cette expérience footballistique et humaine ?

JB : Honnêtement c’était super. Quand je suis arrivé là-bas j’étais dans le flou, je ne connaissais rien du football andorran, même si ça reste extrêmement proche de la vision espagnole. Je n’avais aucune expérience à ce niveau-là. Mais c’était vraiment enrichissant, tant footballistiquement qu’humainement. Déjà parce que c’est une autre vision du football, des méthodes différentes qu’ici, une autre manière de jouer aussi. Et humainement aussi parce que ça m’a permis de me changer un peu les idées et de gagner en maturité. J’ai fait de très belles rencontres qui m’ont beaucoup apporté. Beaucoup de personnes m’avaient dit en partant que je faisais un pas en arrière en allant là-bas, mais je leur répondais à chaque fois : « on peut faire un pas en arrière, si on en fait dix en avant ensuite, ça reste bénéfique ! » et je pense que c’est ce qui m’est arrivé !

 

ST : En termes de niveau, tu situerais où le championnat andorran ?

JB : C’est le niveau d’un bon championnat National.

 

ST : On attaque les hostilités... Comment as-tu vécu ces 2 derniers mois troublants ?

JB : C’était super compliqué pour tout le monde. Après quand on est jeune on ne sait pas trop réagir à ce genre de situation. Les ascenseurs émotionnels comme cela, c’est dur à gérer, mais c’est vrai que j’en ai vécu d’autre personnellement donc c’était peut-être plus facile pour moi de réagir. Même si on veut rester positif, travailler pour soi-même en attendant d’avoir plus d’informations, ça reste difficile, on s’en aperçoit rapidement en fait, tu es moins souriant, tu t’énerves plus vite, quand tu t’entraines tu sens aussi que tu cours moins vite et moins longtemps que d’habitude. L’aspect psychologique est présent et a de grosses répercussions. C’était franchement quelque chose de pas facile à vivre...

 

ST : Tu as fait toutes tes classes ici, tu te retrouves dans un Sporting qui vient de dégringoler de 5 divisions d’un coup, avec beaucoup de joueurs partis et donc un effectif complet à revoir. Tu te sentirais près, malgré ton jeune âge, à reprendre le flambeau avec les quelques anciens qui restent pour reconstruire cette mentalité qui nous est propre au sein de l’équipe ?

JB : Comme tu le dis, je suis arrivé au Sporting en « Poussin deuxième année », je n’ai aucune pression particulière, je n’arrive pas dans l’optique d’être le patron où quoi. J’espère pouvoir faire partie des cadres avec le temps bien sûr, mais personnellement ce qui est le plus important c’est ce qu’il reste à écrire, et le projet pour l’équipe et le club. Si je peux aider à amener du positif pour les jeunes c’est très bien et je suis aussi super content de voir qu’il y a déjà plusieurs cadres, comme Cioni, qui aideront à nous faire passer les paliers. Et puis continuer à apprendre d’eux, je suis très très content de ça. Aux jeunes aussi de comprendre qu’ils ne sont pas en National 3 mais au Sporting Club de Bastia. Après, on est aussi dans l’attente car l’effectif n’est pas du tout au complet. Si on arrive à avoir un mélange entre des anciens pros du Sporting et les jeunes, ça pourrait être beau. Se mélanger aux anciens et apprendre d’eux c’est super quand tu es jeune ! Nous on amènerait notre fougue, notre jeunesse et les plus anciens leur grinta, tout ça pour vite remonter ! C’est un très gros challenge aussi, on est en retard sur la préparation évidemment mais il faut être prêt et rester au maximum positif. Vite construire une équipe, un groupe et une cohésion pour rester solidaire et soudé pour espérer remonter rapidement.

 

ST : Sinon en tant que Turchinu, que penses-tu du Socios Etoile Club Bastiais ?

JB : C’est une excellente chose, ça nous réunit tous et on se sent soutenu, c’est dingue que les supporters ne lâchent pas. J’y crois et j’adhère complètement, ce sont des forces en plus pour nous !

 

ST : Et du coup, tu es « Socio » ?

JB : Non, je ne suis pas Socio. Selon moi être Socio c’est aider le club en tant que supporters, et moi je suis encore joueur et je compte rester joueur du Sporting Club de Bastia. Donc ma façon d’aider le club c’est de rester et de continuer à jouer comme je sais le faire et de me battre. Si demain je devais être Socio c’est que je ne serais plus joueur, uniquement supporter...

 

ST : Quels sont les joueurs ou entraîneurs qui t’ont inspirés, qui t’ont transmis cette passion et donné l’envie de devenir footballeur ?

JB : Pour être honnête je n’avais pas forcément les yeux braqués sur les entraîneurs quand j’étais petit, j’aimais surtout cette sensation quand j’étais au stade, d’entendre les gens crier, c’était vraiment beau à vivre. Côté terrain, quand j’étais petit, celui que j’aimais beaucoup au Sporting c’était Lilian Laslandes, et puis Pierre-Yves André aussi. Sinon tout le temps où j’ai fait mes classes au Sporting, c’était Cahu ! Le modèle parfait c’était lui, sur le terrain il ne lâchait rien. Et comme grand joueur aussi, je citerais surtout Iniesta que j’aime énormément voir jouer.

 

ST : ... On va peut-être envoyer cette interview à Iniesta pour essayer de lui faire signer une pige chez nous, qu’en penses-tu ?

JB : (rire) On a vu des interviews où il disait qu’il ne savait plus trop quoi faire alors pourquoi pas ! (rire)

 

ST : Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

JB : Déjà, une belle réussite cette saison avec le Sporting, après pour moi, on verra plus tard !

 

ST : D’habitude, je ponctue les interviews sur la vision de ce qu’est devenu le football professionnel aux yeux de mon interlocuteur, je ne sais pas trop si je dois te la poser vu ton jeune âge (rire) ?

JB : Si, je peux y répondre quand même ! Ça reste un constat difficile à faire et qui me peine un peu, mais le football ce n’est pratiquement que du business, ça ne m’enlèvera pas l’amour que j’ai pour le foot et ce pourquoi je joue, mais c’est un constat dur et réel.

 

ST : Pour finir, un dernier petit mot ?

JB : Rien de spécial si ce n’est une dédicace à toute ma famille !

 

Merci à Julien pour sa disponibilité !

Propos recueillis par Fabien Bastide-Alzueta

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