Le vingtième anniversaire de la catastrophe de Furiani, survenue le 5 mai 1992.Il y a 20 ans aujourd'hui, la catastrophe de Furiani survenait lors de la demi-finale de Coupe de France 1992 opposant le SC Bastia à l'Olympique de Marseille. Une affiche de rêve qui tourna au cauchemar, laissant derrière elle 18 morts et 2 357 blessés.

En ce 5 mai 1992, toute la Corse attend cette rencontre au sommet contre le grand OM de Tapie, champion de France en titre et considérée comme l'une des meilleures équipes européennes du moment.

Le Sporting évolue quant à lui en Division 2 depuis 6 ans suite à sa relégation en 1986. Avec le souvenir de la Coupe de France remportée en 1981, le Peuple Bleu croit plus que jamais en ses chances d'accrocher un troisième billet pour la prestigieuse finale.

Pour l'occasion, les dirigeants du SECB voient grand. L'ancienne tribune Nord, jugée trop petite, a été détruite et remplacée avant la finale par une tribune provisoire hors normes d'une capacité de 10.000 places et d'une hauteur de 15 mètres.

Erigée à la hâte en seulement une semaine, assemblée avec des matériaux non conformes en dépis des normes élémentaires de sécurité, aucune contre-indication n'émana pourtant de la part des services concernés (préfecture, fédération, etc.).

A 20h20, à dix minutes du coup d'envoi de la demi-finale opposant Bastia à l'OM, l'ambiance est à son comble dans un stade surchauffé par la passion bleue. C'est alors que l'incroyable arriva, au moment de la prise d'antenne en direct par la télévision.

La partie haute de la tribune provisoire s'effondre dans un bruit sourd, entraînant dans sa chute des milliers de personnes... Un grand fracas, puis les cris, les pleurs, la panique. Le stade Armand Cesari otait son habit de liesse pour laisser place au chaos. Le drame de Furiani devenait la plus grande catastrophe que le sport français ait jamais connue.

Vingt ans plus tard, la Corse panse encore ses plaies d'une cicatrice jamais refermée. Comme chaque année, une cérémonie de recueillement aura lieu aujourd'hui devant la stèle commémorative de Furiani en présence notamment du président de la FFF Noël Le Graët, suivie d'une grande messe à la Cathédrale Sainte Marie (18h).

Un devoir de mémoire pour rendre hommage à toutes ces personnes qui pour vivre leur passion, y ont laissé la vie. A toutes ces personnes meurties dans leur chaire depuis ce triste jour. Un moyen également de porter à la connaissance des plus jeunes cet évènement tragique qui trop longtemps, a laissé indifférent les instances nationales du football et les médias.

Le temps passe mais les disparus n'en demeurent pas moins dans la mémoire collective. Ne pas oublier, faire perdurer le souvenir. Car comme le disait Joseph Joubert, « Il faut compenser l'absence par le souvenir. La mémoire est le miroir où nous regardons les absents. »

In memoria di e vittime, di e famiglie. Ùn ci ne scurderemu mai.
En mémoire des victimes, des familles. Nous n'oublierons jamais.


Le livre "Furiani, 20 ans"

Pour commémorer le 20e anniversaire de cette catastrophe, un groupe de journalistes appartenant à la section Provence de l'UJSF a écrit bénévolement ce livre à but caritatif. Cet ouvrage retrace les faits et recueille les témoignages de familles de victimes, de joueurs, dirigeants, médecins, élus, journalistes présents ce soir-là.

L'intégralité des bénéfices servira à l'achat de lits médicalisés destinés à des hôpitaux de Marseille et de Corse. Plus d'informations et points de vente : cliquez ici.