A quelques heures du passage du SC Bastia devant la Commission de discipline de la LFP ce mercredi, le président Claude Ferrandi s'est exprimé dans une interview sur SCB TV à propos du match arrêté contre le Red Star vendredi en raison du jet d'un fumigène sur un joueur adverse par un individu isolé en tribune.

Claude Ferrandi

Très en colère et déçu, il estime que le "point de non retour a été atteint" et annonce que le club portera plainte si nécessaire, tout en faisant en sorte de renforcer les dispositifs pour éviter la répétition d'autres incidents. En ce sens, Claude Ferrandi appelle à un dialogue constructif avec le groupe Tribuna Petrignani et à une union sacrée entre toutes les composantes du SCB pour réussir l'objectif du maintien.

"Je décide de m'exprimer avant (la Commission de discipline) parce que ma colère est toujours forte, ma déception l'est tout autant. [...] Un travail énorme a été fait de la part du club, des supporters, avec quand même près de 13 000 personnes qui sont venues pour fêter cet anniversaire. De grandes choses avaient été prévues. Et en l'espace de quelques secondes, on vous anéantit tout ça.

Malgré tous les soutiens, je reste très déçu, j'ai un sentiment de trahison. Je le porte aussi pour les supporters qui étaient là et qui voulaient faire la fête, qui sont là depuis qu'on a repris, qui aiment le club. Et qui se retrouvent contraints de devoir quitter le stade en pleine fête d'anniversaire, en plein match."

 

"Le point de non retour a été atteint"

"Le point de non retour a été atteint. Je ne vais pas dire qu'il y a eu de l'indulgence jusqu'à aujourd'hui, il n'y en a pas eu. Mais on sera vraiment attentifs pour faire en sorte que les fauteurs de trouble soient punis. [...]

Si on a l'opportunité de le faire, le club portera plainte. Ça ne peut pas durer. Une personne ne peut pas venir et foutre en l'air le travail de dizaines ou centaines de personnes, et couper la joie de 13 000 autres. C'est absolument intolérable.

Beaucoup de choses sont déjà entreprises. Ce qu'il faut, c'est qu'on fasse peut-être encore évoluer l'infrastructure. Ce sont des sujets de discussion que l'on a déjà avec la CAB. Pour éviter qu'on ait ce genre de phénomènes qui puissent se répéter. Peut-être renforcer encore des dispositifs s'il faut le faire. Il faut absolument que tout ça s'arrête. C'est indispensable pour la continuité du projet."

 

Le dialogue avec les supporters

"Je rebondis sur le communiqué de Tribuna Petrignani, qui demande que chacun prenne ses responsabilités et que des évolutions soient entreprises. Il faut absolument qu'on discute de ce sujet, ensemble, pour trouver la bonne solution. Pour que notre stade ne soit pas aseptisé, mais que nous puissions faire vivre nos tribunes, les animer, encourager notre équipe, dans un contexte qui ne dépasse pas les règles. Pour éviter que l'on ait à subir des sanctions et des amendes. Le club a déjà beaucoup payé. Depuis notre retour en Ligue 2, entre les amendes et le manque à gagner des huis clos ou fermetures de tribunes, c'est environ 700 000 €. C'est énorme. Il faut absolument prendre conscience de ça. C'est indispensable pour la continuité du projet."

 

L'appel à l'union sacrée

"C'est très épuisant. Il y a déjà beaucoup de paramètres à prendre en compte dans la gestion d'un club. On n'a pas besoin de se battre entre nous. Ça ajoute des choses dont on n'a pas besoin. On n'est pas découragés. On a prouvé avec la nomination de Gilles Cioni au poste de coordinateur qu'on continue de travailler. [...] On est sur le mercato pour trouver des solutions afin de sortir de cette situation sportive. Ça pousse encore plus à travailler. Mais de grâce, entre nous, faisons en sorte de s'aider mutuellement et pas de se tirer dans les pattes. Car on s'empêche d'avancer.

Avec l'aide de tout le monde, de nos 13 000 supporters et bien (plus) au-delà des frontières, on va réussir à faire quelque chose. Et le club sortira encore plus grand de cette situation. Il faut qu'il continue son évolution, comme on l'a prévu en 2017, comme on a franchi tous nos paliers depuis. Et on en franchira d'autres."